Carne de tu carne, 1983

Carlos Mayolo

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Pays marqué par la violence, jusqu’à en devenir pittoresque dans l’inconscient collectif, la Colombie n’a connu qu’une seule véritable dictature au XXe siècle, celle de Gustavo Rojas Pinilla.
Carlos Mayolo décide de placer l’action de son film sous son règne (1953 – 1957) et nous éloigne ainsi des narcos moustachus et sur armés.
Toutefois, «Carne de tu carne» prend des chemins de traverses pour décliner son pamphlet politique.
Une riche famille se réunie à la campagne pour une veillée funèbre, mais de violentes exactions sont menées dans le village proche et troublent la commémoration.
Mayolo prend le temps d’installer son cadre et d’offrir à chaque personnage ses rituels qui échappent aux spectateurs comme aux autres protagonistes. Le vaudou n’est jamais loin même s’il n’est pas nommé, de même que les personnages principaux sont un frère et une soeur dont la proximité est mise en scène avec une sensualité moite.
L’ambiance est glauque et pourvoyeuse de fantasmes, le film d’horreur est psychologique. Ce filme dévie dans son dernier tiers, au gré des violences commises (hors champs) par l’armée, pour se transformer en délirium tremens faisant apparaître les pulsions monstrueuses retenues jusqu’ici : zombies vengeurs, animaux fétiches et règlements de comptes gores.
En Colombie aussi, se trouvait la maison aux esprits.

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~ par 50 ans de cinéma sur 19 février 2017.

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