Paul Sanchez est revenu!, 2018

Patricia Mazuy


Le retour de Paul Sanchez ressemble beaucoup à un reportage de magasine criminel ou encore à un téléfilm policier sur une grande chaîne française, c’est à dire à des chose que l’on ne consomme pas habituellement.

Or, Patricia Mazuy pourrait nous réconcilier avec « Faites entrer l’accusé » comme avec « Une femme d’honneur ».
Sanchez, c’est un type banal qui, un jour, trucida toute sa famille. Le type est introuvable depuis de nombreuses années, au point de faire fantasmer une jeune gendarmette qui en ferait bien sa baleine blanche.
Evidemment, un drôle de type se met à rôder autour de la modeste cité des Arcs sur Argens.
Tout est une question de ton, et la réalisatrice les multiplie tout en conservant sa propre note.
Alors, nous allons voir ce que nous attendons, à savoir un polar mâtiné de comédie. Mais le suspens comme le rire ne surviennent jamais comme l’on s’y attend.
Et si l’on citait les feuilletons de TF1, on pourrait leur accoler ceux de HBO.
Patricia Mazuy s’est toujours emparée d’univers bien français, presque terroir. Elle ne semble pas envahie par un surmoi américain comme la plupart de ses homologues masculins.
Il ne s’agit pas de faire passer Laurent Lafitte, ledit Sanchez, ou Philippe Girard, commandant de gendarmerie philosophe, pour des personnages de western. Néanmoins, quand l’un et l’autre enchaînent les rôles de poursuivant et poursuivis dans un canyon du Var, la cinéaste ne joue pas les Poulidor et assume une gestion puissante des grands espaces.
De même, elle n’entretient aucune complaisance dans la morbidité mais ne baisse pas les yeux lorsqu’un accès de violence strie une séquence burlesque.
Les pistes se révèlent infinies et le souffle du film, son inquiétude pimpante, nous fait rapidement abandonner les fastidieuses listes d’influences, si chères à nous autres cinéphiles.
« Paul Sanchez est revenu! » tient de la série donc (avec une des plus belles fins ouvertes vues depuis longtemps) mais autant du jeu vidéo : chaque personnage propose un chemin de traverse à un récit déjà tortueux, dans lequel se sont plongé des acteurs géniaux.
Histoire de rimer avec le titre, on aimerait effectivement bien un « Paul Sanchez, le retour »!

~ par 50 ans de cinéma sur 6 août 2018.

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