Cris et chuchotements, 1972

Viskningar och rop

Ingmar Bergman

L’histoire est connue : 3 soeurs et leur servante se relaient au chevet de l’une d’entre elles, atteinte d’une maladie incurable. Dans ces derniers moments partagés, les spectres de la rancoeur et de la jalousie.

L’histoire est connue et elle a été souvent parodiée, accolant au cinéaste sa caricature de vieil emmerdeur misanthrope.

Pourtant, Bergman, le plus italien des cinéastes scandinaves, réalise son grand film d’horreur, une oeuvre baroque et terrifiante qui n’a rien à envier à « Shining » dans ses infiltrations de rouge.
Les cris sont ici à comprendre comme celui d’Edward Munch : insupportables et inéluctables, violents et silencieux à la fois… des cris d’effroi, que l’on hurle et que l’on ne peut s’empêcher d’entendre.
En invitant les mauvais souvenirs, si chers à son cinema, l’homme de Farö dévoile la fin d’une femme, la mort de la mère… et le ballet funèbre qui l’entoure.
Des cris, oui, lorsque les chairs sont déchirées, des cris pour combler l’absence, des cris qui nous étouffent à force de ne pas sortir, des jeux d’enfants, des râles d’agonie, un peu de tendresse parfois… et le chuchotement du regard d’un artiste plein de compassion douloureuse.

~ par 50 ans de cinéma sur 21 octobre 2018.

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