Love me, 2000

Laetitia Masson

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A la fin du «Saint-Laurent» de Bertrand Bonello, le couturier demande qu’on lui teigne les cheveux de la même couleur que Johnny Halliday. Le coiffeur hésite, argue que cela risque de ne pas être très beau.
On se range tout d’abord à son avis de bon goût, mais, finalement, et s’il y avait quelque chose de beau dans la couleur de Johnny?
Il aura fallu la rencontre de 2 mythes fatigués, 2 univers de contrebande pour m’en convaincre : celle du vieux crooner avec Laetitia Masson, celle du rock français au lourd inconscient américain avec la nouvelle Nouvelle Vague du cinéma d’auteur français.
Rien d’évident, surtout pour qui n’est pas fan des apparitions prédécentes du chanteur : des fims de yéyé à la série Z «Terminus», certains retiennent «Conseil de famille» de Costa Gavras et «Détective» de Godard. Or, si belles qu’elles soient sur le papier, ces 2 dernières tentatives m’ont laissé indifférent.
Puis Sandrine Kiberlain est venue s’échouer dans un port du nord de la France.

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Marilyn de prisu comme elle définissait son personnage, elle joue (très bien) une midinette tombant amoureuse d’un chanteur de bar au passé trouble. Ce passé, c’est la part fantasmée du film, son inconscient américain avec Jean-François Stevenin qui menace Johnny avec un flingue. C’est fragile et c’est beau comme du Wenders.
Masson revisite les clichés avec une ironie douce qui fera école dans le cinéma d’auteur (lequel s’entichera souvent de la musique de variété pour créer les émotions qu’il retient habituellement).
Je pense à Wenders, pour l’imaginaire d’outre Atlantique, mais «Love me» est aussi un digne héritier des meilleurs Demy qui surgit lors de plans sur Kiberlain en imper rouge, rêvant au bord de la mer.
Au milieu, un corps et une voix réunis ces 2 héritage, et c’est bien Johnny, notre Johnny usé, cassé, qui joue au gentil gangster et surtout fredonne les chansons de ses idoles, tout simplement bouleversant.

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~ par 50 ans de cinéma sur 18 décembre 2016.

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