Plein soleil, 1960

René Clément


Tom Ripley est chargé par un milliardaire américain, M. Greenleaf, de ramener à San Francisco son fils Philippe qui passe de trop longues vacances en Italie auprès de sa maîtresse Marge. Tom entre dans l’intimité du couple et devient l’homme à tout faire de Philippe qui le fait participer à toutes ses aventures sans cesser de le mépriser. C’est alors que Tom tue Philippe et usurpe son identité.

Chaque vision de «Plein soleil» offre un plaisir indéniable, lumière italienne et musique de Nino Rota, acteurs glamours et mise en scène classe, nous serions difficiles…
Toutefois, quelque chose n’aurait pas dû marcher.
L’usurpation d’identité machiavélique à laquelle se livre Tom Ripley dans le roman de Patricia Highsmith pouvait fonctionner à l’écrit mais se heurte à la littéralité de la représentation cinématographique. On peut d’ailleurs trouver que Clément ne s’est pas facilité la tâche en postsynchronisant Delon avec la voix de Ronet dans les séquences où le premier est censé imiter le second.

Et pourtant, ça marche. Grâce à la lumière italienne, un peu, grâce à la virtuosité du cinéaste (revoir le moment de bravoure sur le bateau), beaucoup… mais bien plus encore par la magie propre aux interprètes et à l’alchimie à l’oeuvre entre eux.
Alain Delon et Maurice Ronet électrisent l’écran, et il est peu de dire qu’ils dévorent les scènes qu’ils partagent. Avec des beaux gosses ordinaires, ces scènes se seraient résumées à un duel de dents blanches ou, au mieux, à un étalage de complicité rigolarde.
Tous deux représentent une certaine incarnation du french lover, ils se ressemblent et font une carrière enviable.

Cependant, Delon est encore au début de 2 décennies royales qui lui permettront de tourner ses meilleurs films et de devenir une star incontestable. Maurice Ronet, de son côté tournera en 1963, le «Feu follet» avec Louis Malle, son chef d’oeuvre, puis arpentera des chemins moins évidents, entre séries B italiennes, une réalisation méconnue («Le voleur du Tibidabo») et seconds rôles du cinéma français commercial (plusieurs fois dans les films de Delon).
La vampirisation à l’oeuvre dans «Plein soleil» prend alors une dimension toute autre. Les sourires sardoniques de Ronet ressemblent à un avertissement à son cadet, comme s’il renonçait au rôle mais pas à hanter son successeur.

~ par 50 ans de cinéma sur 25 avril 2018.

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