Les croix de bois, 1932

Raymond Bernard

Dans la ferveur et l’exaltation du début de la guerre, Demachy, encore étudiant, répond à l’appel sous les drapeaux. Il rencontre Sulphart, Bréval, Bouffioux et les autres, autrefois ouvrier, boulanger, cuisinier, désormais unis sous le nom de soldat.
Le parlant tout juste arrivé, Raymond Bernard a une intuition : la guerre est un phénomène sonore.
De toute façon, sa représentation muette est devenue inégalable, elle est le fait d’hommes au courage terrible qui ont posé leurs lourdes caméras dans les tranchées quelques années plus tôt.
Bernard y était aussi dans ces tranchées, et lui aussi a vu, de ses yeux, les croix de bois fleurir après chaque charge.
Aux opérateurs aventureux, il apporte une reconstitution minutieuse, celle de l’homme qui y était et qui en a vu d’autres ne pas revenir.
Bien avant Spielberg et son soldat Ryan, le cinéaste français créait un film puissamment immersif dans la grande boucherie.
« Les croix de bois » constitue un très rare exemple de cinéma en lien avec l’histoire récente de France, et devient, par là même, une oeuvre politique importante. Celui qui restitue la guerre dans le bruit et le temps.
Celui qui, surtout, replace les hommes au centre de la grande Histoire.
L’une des beautés secrètes de ce film parlant, est ainsi, de restituer le parlé de l’époque et de donner une voix à ceux que l’on avait jamais entendu.

~ par 50 ans de cinéma sur 19 mars 2018.

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