A history of violence, 2005

David Cronenberg

Tom Stall, un père de famille à la vie tranquille, abat dans un réflexe de légitime défense, des gangsters, dans un restaurant. Il devient alors un personnage médiatique, dont l’existence est dorénavant connue du grand public…
Il s’est passé pour « A history of violence » la même chose qu’avec le « Cape Fear » de Scorsese : le film est resté caché derrière son démontage convenu du cinéma hollywoodien et de l’Americana.
Le good daddy cachait donc des secrets, la soccer mom aussi…
Il est vrai que Monsieur aime que Madame se déguise en pompom girl au moment des ébats. Mais à l’ère du porno streaming, n’a-t-on pas vu fantasmes plus sulfureux? La critique cacherait-elle son puritanisme en louant le libéralisme d’une oeuvre qui n’en demandait pas tant?
Certes, Cronenberg a de vieux comptes vis à vis de l’industrie de l’entertainment mais , sur ce coup là, il les a réglé (meilleur box office depuis « La mouche »).
Il ne constituerait qu’une critique sarcastique de la famille WASP, le métrage ne vaudrait pas grand chose.
C’est ici que Cronenberg est grand.


Le plan séquence inaugural est à la fois glauque et solennel, nous ne sommes pas devant un cinéma de petit malin.
Le cinéaste canadien se love dans les interstices, plaçant un insert gore lors de la bagarre initiale, s’attardant sur les bleus dans le dos de Maria Bello ainsi que dans le regard hébété de Viggo Mortensen. Même Ed Harris qui semble, au premier abord, en faire un peu trop, comme s’il devait porter à lui seul l’héritage BD du film, mue vers un understatement de l’étrange.
Cependant, durant les 2 tiers de cette histoire de médias et d’Amérique, nous restons sur nos gardes, avec des questions pas tranchées : alors que l’on désespérait de retrouver les divines trivialités de ses premières séries B, avant son tropisme intello, pouvait-on reprocher à l’auteur un virage vers le mainstream branché?
David Cronenberg répond par une rupture.
Dans son dernier mouvement, « A history of violence » s’envole vers la mythologie avec un emballage de comic book, un peu comme si le personnage de Mortensen se réincarnait dans le jeu vidéo de « eXistenZ ».
En un plan magnifique, le héros fourbu, entaché du sang de ses ennemis, s’agenouille près d’un étang. Ce sont alors les fantômes d’Arthur et de la dame du lac qui se déploient derrière l’image.
Par la suite, Mortensen incarnera Freud chez Cronenberg!

~ par 50 ans de cinéma sur 12 mars 2018.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

 
%d blogueurs aiment cette page :