Revenge, 2018

Coralie Fargeat

Celui-là, on ne l’avait pas vu venir, avec son scénario qui tient en 2 lignes, son décors très Almeira, son score flambant, ses geysers de sang et son casting quasi inconnu (une joli italienne, le rustre des « Ardennes » et des gueules de comédie belges).
Sensation au festival de Gerardmer, il cache une surprise de taille : c’est un film français.
On pourrait passer son chemin, mais on aurait tort, la nouvelle venue Coralie Fargeat emporte ceux qui se laisseront faire.
C’est d’ailleurs bien d’une histoire de domination féminine qu’il s’agit.
La réalisatrice s’empare d’un genre indigne et vicieux pour en tirer un film vicieux mais digne.
Une lolita en vacances comme un trophée pour son mâle alpha, va exciter la convoitise des potes beaufs de ce dernier. L’uns d’entre eux craque, le chef de meute est marié et craint le scandale. Confrérie des gonades oblige, les gars décident de se débarrasser de la bimbo… mais ratent leur coup. La suite tient dans le titre.
Et c’est la mise en scène qui reprend l’histoire pour un pur shoot de jouissance, tout en symbolisme déviant et saillies grotesques.
La renaissance de l’héroïne passera par des pétoires en érection, des fentes ensanglantées, des grottes utérines voir un pénis-étron arraché à même l’abdomen.


La jeune cinéaste tient cette note impossible de cinéma bis dégénéré grâce à une réjouissante absence de complexes, un cap premier degré bien tenu, les synthétiseurs de Rob qui imitent très bien ceux de Carpenter et une multitude d’idées graphiques.
Plus qu’à « They call her one eye » (parangon du film de viol/vengeance glauquissime), Fargeat semble se référer au « Fury road » de George Miller. C’est dire le bon esprit qui règne sur le métrage.
Au début, les scènes de sexe ont la frigidité des clichés publicitaires avec chupa chups assorties aux strings roses, cheveux mouillés et abdos huilés…
A la fin de la projection, la température est nettement montée : le puissant Kevin Janssens est passé de la gravure de mode au modèle d’anatomie passé au scalpel, et la mignonne Matilda Lutz rejoint les icônes SM du cinéma geek comme Honey Ryder ou Lara Croft, passées dans un shaker gore.
Après le génial « Grave » de Julia Ducourneau, il va falloir s’habituer à voir de jeunes femmes s’emparer des figures les plus testostéronées et sur ce coup là on sera prêt à suivre, même pour un éventuel « Revenge 2, la revanche ».

~ par 50 ans de cinéma sur 22 février 2018.

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