The Sky Crawlers, 2008

Sukai Kurora

Mamoru Oshii

Après des décennies de paix, l’humanité demande à retrouver le frisson des conflits du Xxe et XXIe siècle. Le consortium militaire imagine donc une guerre virtuelle, uniquement destinée à distraire la population.
Le synopsis ressemble à la note d’intention d’Hollywood.
Depuis toujours, des artificiers de talents divers y ont officié afin de représenter les désirs de chaos du public.
Parmi les plus grands, traîne une légende cruelle: ceux qui s’amusaient à comparer James Cameron et John Mc Tiernan arrivaient facilement à la conclusion que Cameron n’aurait pas dépassé le grade de chef machino dans les années 40, contrairement au metteur en scène classique de « Piège de cristal ».
Comme si la maîtrise des effets spéciaux, seule, expliquait la puissance de la mise en scène de « Terminator » ou « Aliens ». Vache et injuste pour Cameron qui est, justement l’uns des très rares cinéastes architectes à utiliser la machine cinéma pour créer du jamais vu.
Injuste pour Cameron mais vrai pour une bonne partie du cinéma américain.
En effet, ce dernier est puissant, le plus puissant du monde et parfois sublime de par sa puissance. Toutefois, à force de dégager tout surmoi auteuriste, l’industrie s’est privée du regard des fous, celui qui élève son art.
Ainsi, en 2013, Alfonso Cuaron a réalisé « Gravity », en 2017, est sorti « Dunkerque » de Christopher Nolan. Soyons juste, les 2 oeuvres sont passionnantes. Toutefois, nous sommes plus devant des films d’ingénieurs que d’architectes.
Dans « Primer », Shane Carruth rappelait que la NASA avait dépensé des millions de dollars en pure perte, pour créer un stylo utilisable en apesanteur, tandis que de l’autre côté du monde, les russes avaient envoyés Gagarine dans l’espace avec… un simple crayon.
L’anecdote révèle l’absurdité parfois fascinante du professionnalisme américain.
« Gravity » et « Dunkerque » sont donc extrêmement bien documentés, puissamment mis en scène, mais leurs effets spéciaux sidérants n’imaginent pas d’ailleurs.
Pendant ce temps, un cinéma tout aussi industriel, se sera consacré à inventer notre futur.
Toute la science fiction japonaise n’est pas au niveau des visions de Mamoru Oshii, mais toute la science fiction japonaise tente le parallaxe du regard du fou.
L’adaptation du roman de Hiroshi Mori (écrivain et ingénieur, cqfd) permet toutes les audaces, en revisitant la seconde guerre mondiale par le prisme d’une parodie de la société du spectacle.
L’homme de « Ghost in the shell » se fait alors plaisir en concrétisant de grisants ballets avec des avions steampunks.
Le grand spectacle est à la fois dystopique, meta… et n’oublie jamais la jouissance.

~ par 50 ans de cinéma sur 29 janvier 2018.

Une Réponse to “The Sky Crawlers, 2008”

  1. Avalon, Sky crawlers, même combat !

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