Zodiac, 2007

David Fincher

Il existe différentes manières de découvrir un film, selon l’humeur, le support, le temps, en ratant le début, en pensant à autre chose, en l’attendant comme une révolution.
Il existe encore plus de manière de le revoir.
Mais, a-t-on envie de revoir un film? L’exercice aura abîmé tant d’objets chéris…
J’ai découvert « Zodiac » avec l’emballage médiatique qui l’accompagnait : bide aux USA d’où présentation à Cannes pour une sortie européenne marquée du sceau du cinéma d’auteur. Il s’agissait également du nouveau film de l’homme de « Se7en » et « Fight club ».
Jusqu’ici, le cinéaste Fincher ne m’évoquait qu’une émanation nauséeuse du monde de la publicité. Le générique de « Se7en » marquait son style : beaucoup de travail pour un clip au glauque purement adolescent. Un réalisateur parfait pour les scopitones de Marilyn Manson.
Les errements formels de « Panic room » ou Brad Pitt crachant sur la société de consommation dans un blockbuster hyper looké ont achevé de m’éloigner de l’artiste. C’est sûr, à part cela, les métrages avaient de la gueule.
Réviser mon opinion sur Fincher m’a demandé du temps, plus qu’une première (longue) projection de « Zodiac ». L’ensemble de la critique l’a fait pour moi, ce qui m’avait agaçé et me semblait suspect. Le thriller était bon, mais je soupçonnais le cynisme d’un cinéaste turbulent qui se serait lancé le pari de mettre en scène un polar de 3 heures dont les moments forts ne seraient que dialogues et attentes… et pourtant.
La seconde vision de ce film, qui fait mine de s’intéresser à un sérial killer pour ne parler que de temps, m’a captivé par ses qualités de pure confection. En admirant la direction artistique, le jeu des acteurs, la photo numérique qui rend parfaitement les 70’s, je reconnaissait finalement une grande mise en scène.
J’ai donc vu le métrage une troisième fois, avec le commentaire audio de David Fincher. L’expérience s’est révélée passionnante. Tous les doutes s’effaçaient : chaque détail invisible se faisait signifiant, cet homme ne pouvait être qu’un artiste d’une rigueur kubrickienne.
Comme ceux de Scorsese ou Resnais, il est des films avec lesquels on peut vivre.
La quatrième vision de « Zodiac » fut la meilleure!

~ par 50 ans de cinéma sur 21 décembre 2017.

Une Réponse to “Zodiac, 2007”

  1. Le cinémaaaaaaaaaaaaa

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