La rivière d’argent, 1948

Silver river

Raoul Walsh

Regarder aujourd’hui «La charge fantastique» peut faire grincer les dents des enfants des années 60 et 70. Custer, le tueur de squaws, prenant les airs d’aventurier d’opérette sous les traits du sémillant Errol Flynn, pardonnerons nous tout au cinéma américain?
Et bien oui.
Parce que quelques années après cette version discutable de l’Histoire (par ailleurs fort bien ouvragée), Walsh et Flynn sont revenus au Far West pour affronter les vérités qu’ils avaient laissées de côté.
Ce sera «La rivière d’argent», qui préfigure ce que Scorsese fera subir à Las Vegas dans «Casino».
Un homme expulsé de l’armée se lance dans les affaires en exploitant une mine d’argent. Parallèlement, il ne reste pas indifférent au charme de la femme de son associé.
Le héros viril fait l’expérience de l’honnêteté comme un échec. Peut-être n’attendait-il que cela pour se vautrer dans les bas instincts qui feront sa réussite. Le roi David enverra son meilleur soldat à la mort pour profiter de sa femme, celle-ci n’attendant que cela…
Walsh n’enterre pas le mythe, trop d’argent et de sang le rendent insubmersible. Alors il le filme dans toute sa majesté et son horreur. Max Steiner fait claquer les cuivres et Sidney Hickox laisse irradier les lumières de la grande plaine.
Flynn donne la réplique à Anne Sheridan qui incarne sa Bethsabée. L’un des couples les plus glamour d’Hollywood rejoue ainsi le crime qui a fondé leur monde.

~ par 50 ans de cinéma sur 3 décembre 2017.

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