Good time, 2017

Benny & Joshua Safdie



Quand les Safdie brothers filment une histoire de fraternité tragi comique, les pistes de lecture se multiplient.
Robert Pattinson incarne Connie, le frère qui parvient à s’enfuir lors du braquage foireux inaugural. Benny Safdie est Nick, le moins véloce qui termine en hôpital psychiatrique.
Donc, Pattinson joue un peu Josh Safdie, parce que c’est une histoire de frangins devant comme derrière la caméra.
Mais c’est à la fois plus simple et plus compliqué.
Les réalisateurs plongent la mythologie grec dans la mélasse du Bronx, et Castor le junkie ne peut regarder Polux le dingue qu’à travers des vitres sécurisées.
Ils rendent également hommage à tout un pan d’americana dont l’exemple le plus évident est le duo Lennie et George dans « Des souris et des hommes » de Steinbeck.
Personnellement, cette histoire de famille me touche également parce que Connie et Nick ont une soeur qui nous avait été présentée dans leur opus précédent, le dément «Mad love in New-York».
Et, comme souvent, les garçons se révèleront les plus fragiles.
Les 2 films peuvent ainsi se voir comme un diptyque sur les créatures nocturnes qui animent une grosse pomme version gothique.
« Good time » file à la même vitesse dans son unité de temps et multiplie, comme dans « Mad love », les déviances bis comme autant de chausses trapes dans la course de ses personnages. Toutefois, ici, ces derniers se perdent dans un train fantôme et bénéficient de l’aide d’un chien monstrueux. Robert Pattinson ne saurait terrifier comme Arielle Holmes.
L’ambiance est donc plus bouffonne qu’horrifique (mais toujours trouble tout de même). Même la famille se recompose comme un Frankenstein social, avec figure maternelle délirante (Jennifer Jason Leigh, grinçante comme chez Tarantino) ou encore l’apparition d’un faux frère comme retors allié de circonstance.
Sean Price Williams joue sur une palette moins brute que dans le film précédent, les néons et les flashs irisent comme un sang fluo qui ne sera jamais versé.
Au final, les Safdie ont la bonne idée de laisser leur oeuvre entre les mains de Ronald Bronstein au montage et Oneohtrix Point Never à la musiqueafin que ces derniers imaginent un gigantesque shaker émotionnel.
Sur les derniers plans, les électroniciens laissent la place à Iggy Pop, et le vieil iguane de nous chanter la berceuse des crimes ratés.
Film parfait ?

~ par 50 ans de cinéma sur 26 octobre 2017.

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