L’ami américain, 1977

Der amerikanische freund

Wim Wenders

Atteint de leucémie, Jonathan Zimmermann, propriétaire d’un atelier d’encadrements à Hambourg, se sait irrémédiablement condamné. Il rencontre un jour l’Américain Tom Ripley, trafiquant de tableaux. Ce dernier présente à Jonathan l’un de ses amis, qui lui propose de tuer un inconnu contre une forte somme : Jonathan accepte, offrant ainsi une « assurance-vie » et un avenir à sa famille.
Quand Wenders se penchait sur son inconscient américain, ça pouvait faire très peur ! Le très déjanté Dennis Hopper torturant Bruno Ganz, c’est la pop culture US, fascinante et vulgaire, qui violente l’intellectuel allemand plein de culpabilité.
Sa grande réussite est d’avoir su transformer ce jeu pervers en objet plastique. Une sublime image aux tonalités acier nous aspire dans les pensées fétides du talentueux M. Ripley tandis que la musique terrifiante de Jürgen Knieper nous enlace dans les tourments de sa victime.
A Hambourg, un encadreur de tableaux se sait condamné par la maladie. Il se transformera en tueur amateur pour le compte d’un dandy français (Gérard Blain), lui-même jouet de l’impayable Ripley qui travaille pour le compte de grands cinéastes (Ray et Fuller) déguisés en peintre et en gangster.
Entre-deux, des images, des fétiches cinéphiles, des recadrages, des machines à enregistrer et des écrans, beaucoup d’écrans témoignent du début de phobie de Wenders envers une modernité qu’il incarne pourtant.
Pour l’heure, le cinéaste allemand parvient encore à vaincre ses démons en mêlant les caméras de surveillance à une mise en scène virtuose.

~ par 50 ans de cinéma sur 9 octobre 2017.

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