Elmer Gantry le charlatan, 1960

Elmer Gantry

Richard Brooks

Longtemps, j’ai réduit Burt Lancaster au rang de simple play boy californien. Il devient, sous le regard de Richard Brooks, une incroyable machine de cinéma. Comme si ses dents blanches, ses yeux bleus et sa mâchoire carrée avaient toujours attendu le personnage d’Elmer Gantry.
Richard Brooks, le cinéaste de gauche, explore ici l’autre camp, celui des prêcheurs de l’Amérique profonde. Sa fascination pour ces redneck illuminés n’est pas pour rien dans le trouble provoqué par son film.
Dans une scène extraordinaire, l’acteur et le personnages gagnent ensemble la première place dans ce qu’il nous confirment être un chef d’oeuvre.
Cette séquence initiale voit ledit Elmer Gantry, escroc irrésistible et homme de foi paradoxal, échouer en clochard dans une église remplie de noirs absorbés par un gospel. Le refrain en est I’m on my way… Lui, le perfect WASP, fait alors tâche dans une assemblée d’afro américains modestes. Les voix s’éteignent dans le lieu de culte. Elmer n’est pas légitime ici et il le sait. Mais il vient de se faire voler par d’autres vagabonds et il n’a nulle part où dormir. Alors avec une voix chaude et profonde, il entonne à plein poumons I’m on my way, alléluia… et progressivement, les femmes et les hommes qui l’entourent le rejoignent dans un spiritual plein de grâce.
Elmer a gagné, comme toujours. De quoi lui laisser imaginer qu’il pourra se confronter au divin et aux démons, oubliant qu’il ne peut être vainqueur que dans l’arène du spectacle.

~ par 50 ans de cinéma sur 7 septembre 2017.

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