Christmas, 2001

R.Xmas

Abel Ferrara

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New York, début des années 90 : un couple jeune et riche s’apprête à célébrer Noël. Ils ont réussi professionnellement, ils sont trafiquants de drogue.
Au cours d’un « rendez-vous d’affaire », un flic ripoux apprend à l’épouse que son mari est entre les mains de ses collègues et demande une rançon.
Durant ce Noël, elle va tenter de concilier les amis et de trouver une solution.
Après des errements qui l’avaient mené du grotesque au sublime, souvent au sein du même film, marqués par la perte magnifique qui terminait « Blackout », Abel Ferrara reprend la maîtrise des évènements.
La critique française a voulu voir un brûlot anti Rudolf Giuliani, alors très médiatique maire de New-York qui avait imposé la tolérance zéro dans la grosse pomme, au point de la muséifier pour certains.
Nous attendions donc un Ferrara nostalgique des open bar dans les crackhouse et des viols dans Central Park.

Ce n’est pas son sujet et c’est tant mieux. Moraliste et apercevant la maturité au loin, le réalisateur enregistre un changement de monde avec la même lucidité mélancolique qui permettait à Scorsese de clôturer magnifiquement « Casino » par un passage de relais entre les gangsters 70’s et les yuppies 80’s.
Abel Ferrara aura filmé une fin de siècle.
« R.Xmas » est son opus le plus ligne claire. Polar urbain chauffé à blanc, aucune violence ne vient, pourtant en tourmenter le cours. L’heure n’est plus aux délires mystiques, les hommes sont ce qu’ils font. Ils ressemblent à l’univers qu’ils créent.
Le duo électrique Drea De Matteo / Ice T, idéalement castés, se hait mais se comprend : les dealers font du commerce et les flics gèrent le marché. Comme dans toutes les entreprises humaines, des accidents sont possibles. Mais il ne s’agit que de contretemps dont les modifications sont mineures, fusse au prix de la vie d’un enfant.
Je n’étais pas un fan de « New Rose hotel » et c’est paradoxalement dans son film suivant, l’uns des plus beaux du siècle naissant, que le cinéaste aura réussi à capter des « fragments de rose en hologramme »…
 
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~ par 50 ans de cinéma sur 29 juin 2017.

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