Nos funérailles, 1997

The funeral

Abel Ferrara

Ferrara aura attendu 20 ans pour réaliser son premier film authentiquement italien:
La famille Tempio est réunie autour du cercueil de Johnny, vingt-deux ans, abattu dans la rue. Il y a Ray, l’aîné des frères Tempio, qui fait exploser sa rage ; Chez, incapable de se couler dans le rôle de mafioso qu’on attend de lui. Peu à peu, les souvenirs remontent jusqu’au moment où Ray prend la décision de s’attaquer à Spoglia, le boss de la famille rivale, qui a causé la mort de Johnny, mettant en mouvement toute la séquence d’évènements qui verront la fin de la famille Tempio.
Certes, c’est un film italien au sens américain, c’est à dire celui de Scorsese et Cimino, celui des histoires de familles mortifères et des séquences où les hommes en groupe évoluent comme des vagues qui tantôt se réunissent dans les effusions d’amitiés alcoolisées, tantôt s’écrasent dans les bagarres fraternelles.
Se joue donc une forme de mythologie, celle du cinéma de mafia, avec ses influences bibliques (Caïn et Abel…).
Ce cinéma là est aussi (surtout) un grand et beau cinéma d’acteurs. Et sur ce coup, Ferrara s’offre le plus beau casting de sa carrière : Christopher Walken, éternel prince de New-York; Chris Penn, frère tragique à l’écran comme dans la vie; Benicio Del Toro ou encore Vincent Gallo en fantôme.
On ne prétendra pas qu’il s’agit d’autre chose que d’un film masculin. Toutefois, le casting féminin irradie d’une aura sombre avec ses mères, soeurs et maîtresses qui ont voué leur vie à la mort : Isabella Rosselini et Annabella Sciora rappellent à quel point elles sont de grandes actrices (américaines? italiennes? les meilleures donc). En passant, Edie Falco révise une partition qui lui apportera la gloire dans quelques années.
La mise en scène ferrarienne est à son meilleur, c’est à dire à l’os, directement sur les pulsations de ses personnages.
Sèches et puissantes, ces funérailles ne laissent personne indemne.
Le grand cinéma est passé : David Chase n’a plus qu’à imaginer Tony Soprano.

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~ par 50 ans de cinéma sur 23 juin 2017.

Une Réponse to “Nos funérailles, 1997”

  1. Farewell good old movies !

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