Body snatchers, 1993

Abel Ferrara

Il s’agit du remake d’un classique de la science-fiction : « L’invasion des profanateurs de sépulture » de Don Siegel, tourné en 1956 et déjà source d’une fameuse adaptation par Philip Kaufman en 1978.
Il s’agit donc toujours de l’histoire d’une communauté progressivement possédée par des entités extra-terrestres. Personne ne change d’apparence mais on ne peut plus faire confiance à personne.
Sur le registre de la confiance, on peut se demander ce qui est passé par la tête des exécutifs de Warner Bross pour confier ce scénario à Abel Ferrara, ainsi que par celle du cendrier humain pour avoir accepté la commande.
Le film est, pour moi, entré dans la légende par la grâce d’un article de la revue SFX dans lequel le responsable des effets spéciaux décrivait un calvaire, face à un cinéaste camé et hystérique, incapable de comprendre et de supporter la plus élémentaire contingence technique.
So destroy.
Cette ambiance de tournage apocalyptique ne se ressent en aucun cas dans le résultat final : série B tendue et stylée, dont le rendu faussement lisse renforce paradoxalement l’efficacité.
Le scénariste Stuart Gordon (belle rencontre) imagine une base militaire dans laquelle une adolescente noue une idylle avec un GI playboy, romance qui se verra mise à mal lorsque ses parents puis tout l’état major adopteront un comportement robotique jusqu’à l’élimination froide du moindre opposant.
Ferrara a l’intuition d’une cinéphile bis bien vivante et joue avec les codes du genre, parsemant son métrage de stimuli (érotisme, violence et monstres en plastique) qui sont aussi vrais pour lui que ses obsessions christiques.
Toutefois, la catharsis est sans cesse différée et « Body snatcher » prend des airs de film hanté, comme la visite d’un jeu vidéo auquel on ne pourrait jamais jouer, posture parfaite pour une histoire de possession.
Warner sortira l’oeuvre en catimini et Ferrara écopera d’un bide pour son incursion la plus réussie dans le monde des studios.
En même temps, c’est bien ce que son film raconte…

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~ par 50 ans de cinéma sur 17 juin 2017.

Une Réponse to “Body snatchers, 1993”

  1. Dans le 1000 !

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