Le cauchemar de Darwin, 2005

Darwin’s nightmare

Hubert Sauper

Vu à peu près au même moment que « Land of the dead », le film de Hubert Sauper m’a fait jubiler de manière similaire. Ces films partagent bien des préoccupations sociopolitiques comme des positions esthétiques. Les zombies de l’un nous semblent familiers alors que les guerres économiques de l’autre ressemblent à une fresque mythologique.
Ce soir, Frederic Wiseman a prêté sa caméra à Jacques Tourneur pour un extraordinaire film d’horreur.
Le réalisateur autrichien voyage en Tanzanie et enquête sur l’industrie de la perche du Nil, imposant poisson dont la pèche est entièrement dédiée à l’exportation, au dépend de la population locale.
Et Sauper de filmer les charognards à l’oeuvre autour du lac, du pittoresque marchand indien (et son impayable truite électrique) aux prostituées locales, en passant par de nettement plus inquiétants aviateurs russes.
Et c’est là que ça se corse.
Le cinéaste extrapole autour d’une situation (pourtant déjà trouble) et s’est vu intenter de nombreux procès d’intention pour sensationnalisme aggravé.
Beaucoup de gros mots ont été prononcés : Ulrich Seidl, « Mondo Cane »…
Pour complexifier les choses, l’homme est retourné en Afrique 10 ans plus tard, pour témoigner de la scission du Soudan. Mêmes procédés, mêmes effets.
La critique française l’a fait passer du statut de documentariste percutant à celui de baroudeur des images crapuleuses.
Pour m’être déjà fait avoir par son compatriote Seidl et son cinéma de la cruauté, j’ai parfois été tenté de renier le « Cauchemar de Darwin ».
Toutefois, l’idée d’un réalisateur baroudeur n’est pas pour me déplaire, et certains films du très respecté Wiseman m’ont procuré des plaisirs proche de la série B.
Alors, j’ai choisi.
 Nous ne sommes pas face à un documentaire, encore moins un document, mais à un pur essai cinématographique.
Un film qui cherche, un auteur qui se cherche.
Normal dès lors, que l’objet soit sur le fil du rasoir, entre mauvaise conscience indignée et voyeurisme crasse. C’est bien ce qui en fait la singularité.

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~ par 50 ans de cinéma sur 15 avril 2017.

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