Pacific rim, 2013

Guillermo Del Toro

Certains ont reproché à Guillermo Del Toro d’avoir réalisé un blockbuster asexué.
Je pense que nous n’avons pas vu le même film.
Avec la magnificence visuelle et l’érudition qu’il est le seul à conserver à cette échelle économique, le cinéaste nous parle de sexualité adulte.
De l’extérieur, beaucoup ont comparé «Pacific rim» à «Transformers». On ne peut leur en vouloir, il s’agit dans les 2 cas de méga productions mettant en scène des robots numériques. Pourtant, «Pacific rim» est l’exact opposé des machines de Michael Bay (qui a dit l’antidote?).
On serait tenté de dire que ce n’est pas une question de style, que la différence est plus profonde mais le verni de chaque film nous dit déjà beaucoup sur leurs différences de natures.
L’un des grands talents de Del Toro, réside dans le soin extraordinaire qu’il porte aux textures et aux différentes strates de chaque plan. L’homme aime les monstres, ces derniers ne ressemblent donc à nuls autres dans ses films (des vampires de «Blade 2» ou «Cronos» au faune du «Labyrinthe de Pan» en passant par les insectes de «Mimic»). L’homme aime aussi les machines, il imagine (avec ses équipes dévouées) le moindre boulon de ses golems d’acier. Il est donc question de peau et Del Toro se fait très japonais dans cette approches.
Chez Katsuhiro Otomo, les mouvements de roues et de canons, c’est déjà de la narration. Au passage, qui aurait l’impudence de renvoyer au cinéaste nippon que tout cela n’est pas sexuel?
Georges Lucas avait eu le génie d’imaginer une science fiction usée et bricolée dans la première trilogie «Star wars» et la bêtise de la travestir en images de synthèses lisses dans la seconde.

Comme Lucas première époque, Del Toro a l’intelligence d’économiser au spectateur les présentations de son concept délirant (des aliens géants émergent du centre de la Terre, on leur envoi des golgoths). Et si l’on prend les personnages avec leur vécu, on prendra les machines avec leur rouille, ce qui est tout de même plus sensuel.
Des monstres, des machines, on pense au maître du genre : James Cameron. Peut-être que Del Toro s’est également souvenu de la fixette du créateur de «Terminator» sur les histoires de couples matures.
En effet, après s’être extasié sur l’enveloppe des machines, on comprend que pour l’essentiel, «Pacific rim» est une histoire de coeur. Le coeur de l’océan, malade qui vomit les créatures infernales, le coeur des robots qui ne peut s’animer que par l’union des humains.
C’est la leçon du film : pour que ce coeur fonctionne, il faut que les corps s’ébattent de concert. Pas puritain, le réalisateur propose des combinaisons multiples, sexuelles, numéraires, oedipiennes.
C’est là que «Matrix» restait désespérément au raz du sol en montrant de chastes baisers et des jalousies de cours d’écoles, alors qu’à l’évidence son potentiel érotico sentimental se déployait dans les séquences d’action et les effets spéciaux.
Mais, le sous texte de «Pacific rim» reste plus complexe qu’une première analyse le laisse imaginer. La fusion nécessaire aux ébats ne peut s’opérer qu’au prix de la confiance entre les partenaires. Le blockbuster s’amuse avec un kamasutra virtuel mais ne minimise jamais les tabous et les angoisses nécessaires à la connaissance intime de 2 êtres.
En somme, des histoires de démons et de combats, d’explosions et de jouissance…

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~ par 50 ans de cinéma sur 12 avril 2017.

Une Réponse to “Pacific rim, 2013”

  1. … tandis qu’Evangelion est une ode à la masturbation.

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