Docteur Akagi, 1998

Kanzo sensei

Shohei Imamura

Il court, il court tout le temps, le docteur Foie. Tel le lapin de Lewis Caroll, sa tâche n’attend pas. Persuadé que l’organe qui lui donne son surnom est le lit du mal dont souffre ses contemporains, il n’a de cesse de travailler à un microscope qui lui permettrait de découvrir les moindres méandres hépatiques.
S’il entoure son héros de personnages truculents (assez traditionnels : la prostituée, le toxicomane, le moine défroqué) et déploie une imagerie solaire, Imamura maintien une note inquiète.
Même ovationné par ses pairs, même désiré par une jeune femme, le docteur continue de courir.
Evidemment, l’action se déroulant en 1945, ce marathon absurde (qui relève parfois de la comédie musicale) a tout d’un compte à rebours. L’ambiance est mortifère au Japon et il faut faire quelque chose : travailler les corps, les tripes faute de mieux et tant pis si la catastrophe est inévitable.
Cette dernière survient, bien sûr, nous ne sommes pas dans une uchronie, mais le tristement célèbre nuage qui se déploie au loin prend la forme d’une coupe anatomique de foie, l’organe dont les fonctions se résument au stockage, à l’épuration et la synthèse…

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~ par 50 ans de cinéma sur 24 mars 2017.

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