Une anglaise romantique, 1975

The romantic english woman

Joseph Losey

une_anglaise_romantique

Il s’agit d’une histoire d’insatisfaction.
La phrase prononcée par Michael Caine n’est pas à prendre à la légère. Elle recèle plusieurs sens cachés pour le personnage comme pour son auteur.
Le premier, romancier à succès, scénarise l’adultère de son épouse jusqu’à le matérialiser dans sa propre demeure. Il comprendra tardivement que réaliser ses fantasmes est, finalement, rarement une bonne idée.
Pour Joseph Losey, ausculter l’insatisfaction relève de la quête filmique.
Il se découvre un tropisme italien en s’inspirant de Moravia, puis en envoyant l’icône viscontienne Helmut Berger pervertir la bourgeoisie britannique, s’offrant ainsi un remake de poche de «Téorème».
Pour accueillir ce théâtre de la frustration, il multiple les décadrages dans la même image et utilise subtilement le grand angle pour modifier les points de vue, lesquels n’aboutissent qu’à la solitude ou aux rêves morbides.
Losey rappelle également qu’il fut un grand décorateur de théâtre, en imaginant une maison toute en miroirs, laquelle n’est pas pour rien dans l’ambiance irréelle d’ «Une anglaise romantique».
Le romancier tentera de diriger son histoire vers le thriller. Mais les gangsters de bande dessinée n’y feront rien, si le film glace, c’est bien pour son constat implacable : l’être humain est condamné à se satisfaire de son insatisfaction.

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~ par 50 ans de cinéma sur 12 mars 2017.

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