Mad Max : Fury Road, 2015

George Miller

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Eté 2015, on se croirait dans un mauvais trip qui aboutirait à un cul de sac dans l’espace temps : les dinosaures du parc jurassique conquièrent le monde et l’ancien gouverneur de Californie radote son I’ll be back. L’année précédente, Hollywood nous avait refait « Robocop », l’année suivante, ce sera « SOS fantômee » et on parle d’un reboot des « Gremlins »…
Au milieu de cette mauvaise régurgitation de la pop culture, le bon vieux Max le fou a fait son come back de son côté.
Projet longtemps promis et souvent reporté, nous ne l’attendions pas avec beaucoup plus d’enthousiasme que les autres.
Pourtant, 2 heures de pure jouissance filmique nous démontreront que Mad Max avait encore des choses à nous dire.
La surprise est d’ampleur, parce que l’on pouvait douter du remplacement de Mel Gibson par Tom Hardy, parce qu’il a plu en Namibie et que le décor désertique s’est transformé en champ de fleurs, et puis parce que la filmographie de George Miller ne nous y avait pas préparé.
Le réalisateur a néanmoins ses fans et reconnaissons que son parcours intrigue.
Auteur d’une série B mécanique qui fera le tour du monde, son destin reste lié à son premier héros, ledit Max. Entre ses aventures, la route est souvent tortueuse.
Le second film « Chain reaction » est peu vu et peu cité, la participation à la « Quatrième dimension » anecdotique et l’expérience des « Sorcières d’Eastwick » pour sympathique qu’elle soit à l’écran, fera dire à son auteur qu’Hollywood l’a rendu mauvais.
Durant les années 80, ce qui compte avec la signature George Miller reste encore et toujours « Mad Max ».
Le second épisode en 1982 est un chef d’oeuvre déviant et furieux, le troisième en 85 est une curiosité, un film weird qui mélange le mauvais goût habituel du cinéaste à des envolée naïve très influencées par Spielberg, et, encore plus bizarre, pas désagréables.
Tout de même, « Au delà du dôme du tonnerre » sonne le glas des aventures post apocalyptiques, Miller avouant ne pas avoir eu toute latitude pour mettre en scène ce qu’il avait en tête.
L’homme a marqué les années 80 ainsi qu’une certaine pop culture, celle de Starfix et Mad Movies, la mienne aussi.

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La décennie suivante le voit tenter le mélodrame (« Lorenzo »), jouer les producteurs démiurges (« Calme blanc » dont beaucoup lui attribuent la réalisation) et surtout 2 franchises pour les enfants : les pérégrinations du cochon Babe et du manchot de « Happy feet ». La politique des auteurs offre de multiples passerelles entre les oeuvres (le maverick seul contre tous, le voyage initiatique, tout ça…) mais il me faut reconnaître que je ne me suis pas senti concerné.
Revenons donc à 2015 et aux bâillements qui me prenaient à l’évocation d’un quatrième opus de la saga du guerrier de la route.
La communication habile de Warner bros aura eu le mérite d’éveiller la curiosité. Quelque chose palpitait dans tout cela. The future belongs to the mad, comme ils disaient… Les critiques les plus respectables se sont emballées, Miller a électrisé le festival de Cannes (hors compétition, faut pas pousser).
Nous pourrions tenter de résumer le scénario : Max se retrouve embarqué par une bande qui parcourt la Désolation à bord d’un véhicule piloté par une guerrière surnommée Furiosa. Ils fuient la Citadelle où sévit le terrible Immortan Joe qui s’est fait voler un objet irremplaçable. Enragé, ce Seigneur de guerre envoie ses hommes pour traquer les rebelles impitoyablement…
Heureusement, le métrage ne raconte, en réalité, pas d’autre histoire que celle du mouvement et de la couleur, c’est à dire celle du cinéma.
Miller s’empare avec génie des technologies de son époque. Lui qui avait abandonné ses études de médecine pour risquer la vie de ses potes dans les cascades insensées du premier « Mad Max », filme à nouveau de véritables véhicules s’écraser dans les dunes mais les repeint à l’aide d’une palette numérique suprêmement inspirée.
« Fury road » est un film rock (inscrivant un guitariste fou à même l’image), un film graphique (influence BD dans les looks, colorimétrie subtile du désert entre ocres du jour et bleus de la nuit), un film chorégraphique (puissance des séquences d’action), un film topographique (combien de western ont rêvé de créer le suspens à travers l’éloignement / rapprochement des protagoniste dans des perpectives infinies), un film iconique (Charlize Theron bionique et walkyries de métal) et un film politique (les femens, DAECH, la crise écologique dans un shaker).
Tout cela est trop, trop violent, trop rapide, de trop mauvais goût (traffic de lait maternel et mamies bikeuses ?!).
Les punks braillaient si ça va trop vite, c’est que t’es trop vieux… Le film le plus rapide du nouveau millénaire est pourtant un film de vieux (réalisateur de 71 ans, saga quadragénaire comme ses premiers admirateurs). Souhaitons nous de le rester longtemps pour recevoir un autre miracle de l’acabit de « Mad Max : fury road »!

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~ par 50 ans de cinéma sur 23 janvier 2017.

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