Cartouche, 1962

Philippe de Broca

cartouche001

Dans ses interviews, Philippe De Broca, se présentait facilement comme un fuyard. Si sa filmographie nous a fait voyager de l’Afrique à Rio, il semble que cette considération désobligeante sur lui-même concernait plutôt le domaine sentimental.
Et là encore, la filmographie du bonhomme illustre le propos. Qu’ils prennent les traits de Belmondo, Noiret ou encore Jean-Pierre Cassel, ses héros entretiennent une sainte méfiance envers la romance et les femmes trop belles.
«Cartouche» est un beau film de fuyard : l’histoire picaresque d’un bandit de grand chemin à travers les guerres du XVIIIe siècle. A Jean-Paul Belmondo s’associent Jess Hahn et Jean Rochefort, ce qui fait une belle bande de fuyards. Le récit alterne comédie et aventure pour le meilleur du cinéma populaire signé De Broca / Bébel.
Il se teinte toutefois d’une tristesse inattendue par la grâce d’un des rares personnages féminins qui résiste aux instincts velléitaires du réalisateur comme du personnage.
Ce personnage se nomme Vénus, rien de moins, et ne pouvait être interprété que par la reine Cardinale.
Aux divines emmerdeuses blondes, le cinéaste préfère ici une brune ténébreuse qui se révèle prête à tout pour l’homme qu’elle aime, ce dernier se retrouvant bien indigne de sa fougue.
On en dira pas autant du film. Mais c’est bien à travers elle que l’homme comme l’oeuvre se grandissent.

22170

Publicités

~ par 50 ans de cinéma sur 1 novembre 2016.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s