Le messager, 1970

The go-between

Joseph Losey

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Il m’arrive souvent d’oublier que « Le messager » a reçu la palme d’or à Cannes.
Il méritait tellement mieux !
Sur le papier, le projet semble voué à ce type de récompenses prestigieuses : le cinéaste de «The servant» associé (à nouveau) à Harold Pinter pour adapter un roman 1900 de Leslie Pole Hartley, avec les stars Julie Christie et Alan Bates, ainsi que Michel Legrand à la baguette.
L’histoire est celle d’un jeune garçon, amoureux d’une femme qui entretien une liaison secrète avec un paysan viril. Sans le savoir, il portera de l’un à l’autre les lettres scellant leur passion.
Une histoire d’amour malheureuse et d’apprentissage, Tom Sawyer meets Lady Chatterley.
Ce qui différencie «Le messager» d’un film à oscars lambda, se joue dans des interstices subtils : une finesse de jeu, une émotion suspendue.
Je me souviens de la fougue du jeune Dominic Guard et du lyrisme presque too much des violons de Legrand, pendant que la caméra le suit dans des courses durant lesquelles il croit séduire la belle qui le missionne. Un amour d’enfant sera toujours trop grand.
Je me souviens également des troubles de Christie et du corps érotisé de Bates, brute toute en sueur et en muscles mais dont les yeux comprendront le drame qui se noue chez l’adolescent. Des yeux qui résument l’oeuvre d’un cinéaste dédiée aux passions désespérées.
Une palme d’or, oui, mais avant tout, un parfait regard de cinéaste.

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~ par 50 ans de cinéma sur 29 septembre 2016.

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