Le voleur, 1967

Louis Malle

Voici le film drôle et palpitant avec Belmondo qui ne passe JAMAIS à la télévision. Peut-être Bebel se voit-il puni d’y prononcer ces mots grandioses je fais un sale boulot mais j’ai une excuse, je le fais salement!

Ces mots cachent la tension anarchiste qui parcourt un film intranquille et mélancolique. Comme Renoir dans «La règle du jeu», mais sans sa bonhommie, Malle représente un monde mutant où chacun tente de survivre. Certains choisissent une cause, d’autres vivent pour leur cause. Certains promettent, d’autres volent et si les premiers croisent souvent les seconds, les alliances sont sans avenir. L’avenir est opaque, les tenants de l’ordre anticipent déjà les bénéfices qu’ils tireront des révolutions.

Au milieu du chaos naissant, le voleur continue son sale boulot.

Le meilleur du cinéma français l’accompagne dans sa besogne. Au milieu d’un casting exceptionnel, brillent Bernadette Lafont qui en un plan annonce la déflagration de «La maman et la putain»; et Julien Guiomar immédiatement génial en curé chef de gang. Autour d’eux, le lustre de la superproduction flatte l’oeil de manière ironique : il y aura d’autant plus pour le voleur!

C’est le paradoxe de ce film acide comme le cinéma de Louis Malle, fils de bonne famille révolté qui ne cessera de filmer des histoires inacceptables avec un respect international.

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~ par 50 ans de cinéma sur 25 août 2016.

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