Week-end, 1967

Jean-Luc Godard

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Alors qu’il présentait «La chinoise» au festival d’Avignon en 1967, Godard lança un pavé contre la distribution des films, comparant la démarche à celle d’un Edouard Leclerc achalandant ses rayons.

Le cinéaste est alors au zénith de son engagement politique et il annonce ainsi son abandon (provisoire) d’une certaine tendance du cinema.

Dans son élan de production frénétique, il se fend néanmoins  d’un film de plus, un baroud d’honneur hyper agressif mais virtuose qui se confronte au démon qui avait précédé le cinéma : la voiture.

On peut comprendre que la sortie de «Crash» de Cronenberg ait pu choquer en plein exode estival de 1996. On peine à imaginer le malaise suscité par «Week end» durant les sixties triomphantes où les hommes modernes se mesuraient à force de carrosseries rutilantes.

Godard filme les bagnoles comme un transport en commun interminable et solitaire dans un plan séquence d’anthologie, puis leur destruction à coup de raccords brutaux pour finalement les abandonner embourbées alors que l’humanité s’adonne au viol et au cannibalisme.

On pourrait entendre qu’il reste une place pour les poètes puisque les lourdes carcasses de métal s’écrasent sur la gracieuse chorégraphie des caméra sur rails de travelling… mais c’était pourtant le premier adieu au cinéma de Jean-Luc Godard.

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~ par 50 ans de cinéma sur 23 août 2016.

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