Playtime, 1967

Jacques Tati

J’ai parfois du mal à l’avouer, mais le cinéma de Tati me laisse froid. L’admiration se fait toujours quelque peu forcée, devant ses morceaux de bravoure abstraits.
Monsieur Hulot est une icône sympathique, un point de repère dans la carte du cinéma mais il n’a pas de sexe et n’a jamais peur.
Pas de souffrance chez Tati, au plus un portrait de société mordant au milieu d’une performance graphique. Ce qui est déjà pas mal, convenons-en.

Pourquoi « Playtime » ? L’émotion filtrerait-elle entre les compositions parfaites ?
Pas vraiment. La souffrance, dont la représentation m’est si chère à l’écran, n’est jamais présente.

Me fascine plutôt la souffrance du cinéaste, qui s’est dépassé dans ce projet herculéen, rejoignant les grands mégalo du 7e art comme Welles et DeMille.

Toutefois, la légende entourant l’oeuvre ne suffirait pas tout à fait à me la faire aimer. Si j’aime « Playtime », c’est parce que Tati se dépasse en créant les chorégraphies les plus folles et tisse les toiles les plus complexes de sa filmographie pour atteindre le nombre d’or de la mise en scène.

A ce point, l’admiration sécrète sa propre émotion.

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~ par 50 ans de cinéma sur 21 août 2016.

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