La source thermale d’Akitsu, 1962

Akitsu onsen

Yoshishige Yoshida

Si l’on comprend facilement que les normes sociales et la culture de la réussite constituent un terreau fertile pour les déviances pulsionnelles des mangas, il est toujours étonnant de constater que cette société ait pu permettre l’éclosion d’un cinéma politique et réflexif. La France gaullienne n’a pas eu ses Oshima ou Wakamatsu. La nouvelle vague a plus souvent fuit la société qu’elle ne l’a combattu.

«La source thermale d’Akitsu» impressionne car les émotions se murmurent, les éclats se dissolvent devant l’impossible. Il n’y est pourtant question que d’échecs et de souffrance.

Yoshida filme un soldat qui passera la fin de la guerre près d’une source thermale pour soigner son asthme. Il y rencontrera une femme.

L’amour et la nature face à la guerre, tel synopsis pouvait idéalement synthétiser le rêve hippie et l’esprit contestataire des années 60. Pourtant, le cinéaste décide d’être punk avant l’heure, ses personnages n’ont pas d’avenir. Aux pastels de la campagne japonaise, il préfère des tons gris bruns d’un mauvais automne. Au héros antimilitariste, il préfère un pauvre type qui fera échouer ses dernières chances de bonheur. A la passion, il préfère le ressac des douleurs éternelles.

Tu n’as rien vu à Akitsu…

 
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~ par 50 ans de cinéma sur 2 août 2016.

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