De la guerre, 2008

Bertrand Bonello

de_la_guerre_cercueil

La mise en abîme est un exercice ingrat, souvent prétexte à toutes les auto complaisances ou cache misère des inspirations en berne.
Que peut faire un cinéaste qui parle de cinéma, de son cinéma?
Déjà, éviter les faux fuyants : le héros s’appelle donc Bertrand Bonello et prépare un film.
Ensuite, se choisir un alter ego à la mesure du projet, soit Mathieu Amalric, l’homme univers du cinéma français.
Enfin, décrire une situation réelle sur un mode fantastique et ludique. Le film commence: le cinéaste se trouve accidentellement enfermé dans un cercueil. Il y passera une nuit. La métaphore est cruelle pour un cinéma français en plein doute : succès clairsemés et jamais confirmés; désamour du public, de la presse et de ses propres stars; médiocrité générale comme une malédiction; échec du même comme échec de la différence.
Bonello résume cet amer constat à son introduction et se lance sans retenue dans l’aventure de l’après. Le malade est donné pour mort, alors plus rien n’est interdit : les risques et la magie, le film d’horreur comme la comédie.
« De la guerre » est donc un titre programme, celui d’un objet qui dépasse sa condition de divertissement intellectuel pour devenir un manuel de survie.

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~ par 50 ans de cinéma sur 20 mai 2016.

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