Green room, 2015

Jeremy Saulnier

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Eté 1999, sur le tournage d’un court métrage amateur : à la pause un copain me demande ce que j’ai vu de bien dernièrement. Pas photo, je m’exalte sur «Le 13e guerrier», un blockbuster malade, à la fois rugueux et épique dont le lyrisme finale me renvoi au «Ran» de Kurosawa que j’ai découvert récemment en vidéo. Le pote se marre, y’a que toi pour associer Kurosawa et McTiernan!

Aujourd’hui, je me dis que Jeremy Saulnier ne se serait pas marré.

Après «Blue ruin», le jeune cinéaste confirme qu’il est une valeur sûre de la série B d’auteur, sèche, méchante et pleine d’atmosphère.
Difficile de savoir si le manque de moyen amène l’auteur au cinéma de genre ou le réalisateur bis à l’auteurisme mais l’équilibre reste parfait.

Son background de chef opérateur sur les beaux teen movies de Matthew Porterfield se déploie dans un panthéisme dark, un équivalent nordiste du southern ghotic.
En 2 films (je n’ai pas vu son premier opus «Murder party» mais il semble s’inscrire dans une veine gore sarcastique plus convenue), Saulnier dessine un territoire de suburbs désolées et de forêts millénaires. Au milieu, des tribus poursuivent leurs luttes comme si rien n’avait changé depuis les pionniers. Après la vengeance familiale, se déploie une petite guerre entre un groupe de punk rock et une fraternité de skinhead.

Comme dans les bons westerns, il plante son décor avec minutie : van cradingue, posters de groupes confidentiels et tâches de bière sur la moquette.
Comme dans les bons films d’horreur, chaque impact compte.
Et comme dans un bon film indie, chaque personnage souffre!

Alors qu’ils sont au bord du gouffre, les survivants du massacre décident de jouer à la guerre puisqu’ils n’en sont pas des professionnels, contrairement à leurs ennemis. Sans nier leurs blessures, et leurs faiblesse, Saulnier qui n’a pas été tendre avec son casting jusqu’ici, leur offre la chance du débutant et le film de siège de muter en revenge movie dans la dernière demi heure.

A l’instar de ses personnages, le cinéaste prouve que des idées et du culot permettent d’en remontrer , question adrénaline, à Hollywood comme à Sundance.

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~ par 50 ans de cinéma sur 26 avril 2016.

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