Association de malfaiteurs, 1987

Claude Zidi

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De Claude Zidi, on aime certains films, au grès de nos souvenirs d’enfance et de leurs castings. Tous ne se revoient pas avec l’enthousiasme originel…
Toutefois, à force de succès, Zidi est devenu cinéaste incontournable dans les années 80 et a même connu une évolution passionnante. En 1984, son association avec le scénariste et ancien flic Simon Michaël lui permet de réaliser ce qui sera en quelque sorte son chef d’oeuvre : «Les ripoux».
Le film triomphe, devient un monument populaire français et fini même par convaincre les cinéphiles les plus exigeants.
Le cinéaste peut alors tout faire et se lance dans 2 aventures opposées. En 1988, il met en scène l’une de ses 2 seules incursions hors du domaine de la comédie, la romance sombre «Deux» avec Depardieu et Maruschka Detmers, échec commercial sans appel qui semble le ramener vers des rivages boulevardiers.
Cela est d’autant plus dommage, qu’avant «Deux», Claude Zidi avait tenté quelque chose de nouveau dans la comédie française.
Il est devenu lieu commun de louer les qualités d’un film en le comparant aux meilleures séries, mais il faut reconnaître que «Association de malfaiteurs» aurait fait une excellente série.

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D’ailleurs, d’autres y ont peut-être pensé puisqu’on y trouve Véronique Genest en commissaire de police énergique… bref.
Le réalisateur des «Bidasses en folie» réussit un divertissement fin et enlevé, tout en ouvrant le champs à de nouveaux visages : François Cluzet, Christophe Malavoy, Claire Nebout, sans pour autant négliger des amis de longues dates en seconds rôles grande classe comme Hubert Deschamps ou Jean-Pierre Bisson.
Le script, plein comme un oeuf, digne donc des meilleures séries (mais au fond la qualité du film est d’en être une à lui seul), propose, au passage, un portrait subtil de son époque. Il serait malaisant de parler de film social pour une oeuvre dont on aime autant la légèreté. Et pourtant, comme les «Ripoux» visitaient un Barbès qu’on ne verra plus dans le cinéma français, «Association de malfaiteurs» croque une bande de copains faisant croire à l’un d’entre-eux qu’il a gagné au loto. Evidemment, les conséquences les mèneront à rencontrer de plus gros poissons qu’eux. La victime galère dans sa vie professionnelle tandis que les blagueurs arborent une réussite rutilante après leur sortie d’HEC.
Dommage que peu de film français aient offert portrait aussi fidèle des yuppies des années 80. Dommage que le public n’ait pas suivi cette tentative de modernisation. Dommage que Zidi lui ait, alors, tourné le dos…

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~ par 50 ans de cinéma sur 8 avril 2016.

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