Les enfants du paradis, 1945

Marcel Carné

Devant la canonisation de ce film, certains eurent des mots très durs. Ce n’étaient pas tous des imbéciles. Serge Daney, notamment, se moquait gentiment du statut de plus grand film français acquis par le monument de Carné.

Reconnaissons que nous n’aurions que peu d’intérêt pour le plus grand film français, que le plus gros succès du box office nous indiffère comme le film le plus cher, le plus long…

Pendant longtemps, je réduisis «Les enfants du paradis» à des dialogues pratiques pour draguer (Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment d’un aussi grand amour), des numéros d’acteurs vieille France, à un film sur le théâtre lui-même théâtrale…

Et si, dans ces critiques, ce n’était pas cet aspect si français qui nous gênait ?

Dans un mouvement inverse, nous adorons l’Amérique de «Singing in the rain» et savourons les traits purement italiens de «Amarcord».

Peut-être fallait-il regarder cette vieille France en face, sans les souvenirs d’école (Prévert…) ni les débats douteux (nationalisme!!!).  Je découvrais alors la fragilité bouleversante du rugueux Brasseur, l’évanescence de la triviale Arletty, la fièvre du rêveur Jean-Louis Barrault ou encore un spectacle foisonnant, une mise en scène brillante au service d’un délicieux feuilleton.

Peut-être fallait-il aussi réécouter cette vielle France, pour se rendre compte que Paris est tout petit pour ceux qui s’aiment d’un si grand amour est une bien belle phrase de romance…

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~ par 50 ans de cinéma sur 1 février 2016.

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