Mercuriales, 2014

Virgil Vernier

arton3521

Voilà déjà quelques années, Technikart avait titré «Pourquoi le cinéma français est nul!» (la formule était bel et bien affirmative). La sentence m’avait paru injuste (le cinéma français des années 90 a connu de beaux moments) mais les symptômes (films à Césars, reconstitutions académiques, tarantinades, farces télévisuelles…) visaient juste.
Presque 20 ans plus tard, la situation ne s’est pas arrangée : mêmes symptômes qui nous incitent presque à partager la sentence désormais.
Presque…
Si le cinéma français est nul, c’est peut-être parce que nous sommes de mauvais spectateurs.
A nous désormais de montrer l’exemple et d’aller défricher les marges, là où se cache, justement le bon cinéma français.
L’effort peut être récompensé lorsque l’on découvre des merveilles telles que «Mercuriales».
Si je n’avait pas entièrement apprécié le moyen métrage «Orléans», il me semblait que le cinéaste avait une intuition juste : il suffit de filmer une jeune fille déambulant en armure dans une ville contemporaine pour créer une étrangeté poétique.
«Mercuriales» reprend le concept mais le déploie dans un fabliau cybernétique. Les jeunes filles se transforment en guerrières lorsque qu’elles jouent du bâton sur des grilles de métal ou en sorcières quand un pan de manteau s’envole d’une démarche volontaire.
Le territoire prend, lui aussi une allure fantastique, des fameuses tours Mercuriales filmées comme des minarets de mangas scrutant le périphérique fluorescent, jusqu’à ces grues de chantier qui nous impressionnent comme Godzilla ne sait plus le faire depuis longtemps.
Or, ce territoire c’est une partie de France, qui par ces accès psychédéliques se révèle comme rarement devant une caméra.
Virgil Vernier ballade ainsi ses aventurières dans une interzone colorée et multiple, celle que l’on nomme banlieue, que l’on définit par ses communautés.
Mais, nous ne sommes pas à la télévision. Il ne s’agit ni d’inquiéter ni de rassurer. C’est ainsi que le cinéaste peut s’attarder sur un garçon français parlant de sa conversion à l’Islam sans en faire toute une histoire, mais simplement l’une des histoires qui peuplent son beau film univers.
Il n’est alors pas interdit de penser que le cinéma français est ce qui arrivera de mieux aux médias français…

maxresdefault

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~ par 50 ans de cinéma sur 23 janvier 2016.

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