Kill Bill vol.1, 2003

Kill Bill vol. 1
Quentin Tarantino

Pendant longtemps, Tarantino fut, pour moi, le symbole d’une décadence. L’homme par qui la pop culture assumait pleinement sa vulgarité. Tout cela à cause d’un film, « Pulp fiction », LE film culte de ma génération. Je dois toutefois avouer que cette oeuvre tant honnie, m’avait tout de même permis de forger mon sens critique.
12 ans plus tard, je reste inflexible : « Pulp fiction » c’est « Hamburger, film sandwich » sans les gags et le Tarantino de l’époque n’était qu’un rigolo qui se prenait pour Scorsese, un sous doué qui savait qu’il n’atteindrait jamais les cibles de ses idoles. Sa cinéphilie pléthorique elle-même avait quelque chose de douteux.
L’homme pouvait s’enflammer pour Godard ou Tony Scott dans un élan identique. Le label Tarantino est devenu une appellation non contrôlée pour films nuls travestis en films cultes. Un label qui servira de sésame pour le meilleur (Wong Kar Wai, Kitano…) pour le bis (Sonny Chiba, Lucio Fulci…) et souvent pour le pire (Rocco Sifreddi, Takashi Miike, les regrettables imitations françaises, Besson…).

Tout cela n’est évidemment qu’enfantillages, mais son cinéma me semblait incarner totalement ce fétichisme anonyme, cette nerdise crasse pour qui le kitsch est érigé en valeur ultime. « Reservoir dogs » incarnait l’essai maladroit mais prometteur, « Pulp fiction » le point de non-retour dans la complaisance et « Jackie Brown » l’accès à la maturité calculé (même s’il s’agissait de son meilleur opus).

Puis Tarantino a filmé « Kill Bill » et les pendules ont retrouvé l’heure exacte du cinéma bis. Conscient de son complexe d’infériorité, le cinéaste s’est lancé un défi, à priori idiot, celui de dépasser ses modèles avec pour seule base, un amour immodéré pour le cinéma de genre. C’était impossible mais, à ma grande surprise, il l’a fait. « Kill Bill part.1 » absorbe directement la moelle du Chambara pour se transformer en étalon du film de sabre japonais. Allégeance définitive pour le sieur Quentin, son film condense la grâce et le plaisir.

Les fans de « Pulp fiction » ont complètement raté « Kill Bill ». Il y en a qui ne comprendront jamais rien à l’amour.

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~ par 50 ans de cinéma sur 14 janvier 2016.

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