Sao Bernardo, 1972

Leon Hirszman

SAO BERNARDO

Au Brésil, un arriviste récupère une ferme par extorsion pour en faire une entreprise compétitive puis ruse pour s’introduire dans une bonne société qu’il méprise. Parallèlement, il épouse une belle institutrice que sa jalousie maladive conduit au désespoir et à la mort.

Sur le papier, cela ressemble à l’amour impossible d’un macho de droite face à une madonne de gauche et c’est cela que l’on pense voir dans un premier temps, avant d’être progressivement hypnotisé par une mise en scène hiératique et précise. On pourrait alors résumer ce film comme l’histoire d’un personnage de Bunuel prisonnier d’une histoire de Rohmer. Le héros de «El» face aux turpitudes sentimentales des comédies des 4 saisons.

«Sao Bernardo» marque durablement, car aux indignations de l’héroïne, le cinéaste préfère la souffrance du méchant. Et nous parlons bien de souffrance : Hirszman ne cherche pas les nuances de bonté chez la brute mais le suit dans la rage et la douleur. Les plans fixes aux compositions sobres mais très graphiques ne font que renforcer sa colère en l’emprisonnant dans l’univers qu’il s’est lui-même créé.

L’arc narratif l’accompagne depuis une amère confession en voix off jusqu’à un un ultime clignement d’oeil qui clôt le film en initiant un fondu au noir déchirant.

Publicités

~ par 50 ans de cinéma sur 8 octobre 2015.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s