La captive aux yeux clairs, 1952

The big sky

Howard Hawks

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Parce que John Carpenter et John T. Chance, parce que les Cahiers du cinéma et la Nouvelle Vague, je m’astreins régulièrement à revoir la trilogie hawksienne «Rio Bravo», «Rio Lobo», «El Dorado».
Et malgré Carpenter et les cahiers, je n’y vois qu’un théâtre vieillot pour virilités flapies. J’aimerai accuser Georges Abitbol et sa classe américaine, mais le phénomène remonte bien avant et se répète à chaque vision.
Ce constat me gène, parce que j’aime beaucoup d’autres westerns de Hawks : «La rivière rouge», et surtout «La captive aux yeux clairs».
Comme pour la série avec John Wayne, je revois régulièrement ce dernier long métrage, mais c’est alors pour y découvrir sans cesse de nouvelles beautés, préférence nette pour le noir et blanc en extérieur.
Le titre original, «The big sky» est magnifique. Il s’agit, en effet, d’une histoire d’hommes et de ciel, celui du Missouri emporte l’aventure picaresque vers la mythologie, au point de nous faire jurer que l’écran noir et blanc prend une teinte azurée comme le regard d’Elisabeth Threatt.

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Les passions humaines ne sont, certes, pas négligées : un duo masculin complice et bagarreur (Dewey Martin et Kirk Douglas), une figure paternelle débonnaire (oncle Zeb), un fou savant (l’indien illuminé surnommé «pauvre diable») et une indienne aux yeux bleus donc…
Cette troupe va remonter un bout d’Amérique par le fleuve, les trappeurs espèrent faire affaire avec les indiens (quitte à prendre leur princesse en otage). Evidemment un triangle sexuel se crée, et c’est à l’avantage du film de faire du très puissant Douglas le perdant de ce jeu de séduction.
Car, «La captive aux yeux clairs» est un film mélancolique où rien n’est joué, où le romanesque est aussi peu prévisible que les rapides traversés par ses héros.
Un film d’aventures, un vrai !
Bien sûr, les cowboys se lancent des bons mots, carburent au whisky de contrebande et balancent des coups de poings lorsque les premiers leur manquent et que le second les déborde. Mais, le cinéaste maintient le cadre large, afin de les ramener au niveau des coyotes ou des castors qu’ils croisent. La forêt, la rivière, les nuages composent le récit comme l’image.
Comme le disait Jean-Claude Biette : c’est bien quand il y a de la vie et du cinéma, c’est encore mieux s’il y a un peu plus de vie.

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~ par 50 ans de cinéma sur 2 octobre 2015.

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