Le samouraï, 1967

Jean-Pierre Melville

samourai-dos

Un article sur ce film, dans les Cahiers du Cinéma m’avait attristé. L’ami Chabrol y raillait cruellement le hiératisme melvillien, summum du ridicule selon lui.

Ok, Melville en faisait beaucoup. Mais, à l’instar de tous les autres grands maniéristes, il me semble à son meilleur lorsqu’il se tient sur les frontières floues entre le sublime et le grotesque.

Delon est le samouraï, respect. Lorsque Luc Besson tentera l’essai avec Jean Reno, cela me fera rire. Pourquoi?

Sans doute n’ai-je pas très envie de l’expliquer, au risque de briser l’équilibre. J’ai envie de croire que chez Melville, rien n’est joué. Sa mise en scène est un acte de foi envers le cinéma.

L’homme a donné de sa personne, avec ses Ray-ban, son imperméable noir et son Stetson, un costume malaisé pour un français. Chabrol encore : John Huston n’avait pas besoin de Stetson pour avoir l’air d’un aventurier! C’est vrai.

Pourtant, Melville, ermite qui fermait ses fenêtres le jour car il ne pouvait écrire que dans l’obscurité, y croyait plus fort que les autres. Il y croyait pour nous et c’est pour cela qu’il restera ce cinéaste unique en France : l’oracle du cinéma de genre, le sorcier de la série B, celui qui a emporté tous les secrets.

Alors Delon est un tueur mutique, perdu dans une ville à la Tati où chaque geste est un code.

J’ai envie de penser que le vrai samouraï, c’est le cinéaste qui a réussi à apporter la grâce à cette histoire!

Samourai oiseau

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~ par 50 ans de cinéma sur 8 juin 2015.

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