L. 627, 1992

L.627
Bertrand Tavernier

Tout cinéphile français, à un moment ou à un autre, a croisé la route de Bertrand Tavernier.

Pour moi, la dernière fois s’est déroulée au festival d’Amiens qui rendait hommage à Joe Dante. Emotion lorsque ce dernier invita son confrère sur scène d’un il faut que je sois modeste, car maintenant un grand cinéaste va me rejoindre. Dante, fin cinéphile, prouva, alors, que les rhizomes tissés par l’auteur de «50 ans de cinema américain» dépassaient largement l’hexagone.

Au début des années 90, Tavernier ajoute une corde à son arc. Le cinéaste souhaitait depuis longtemps s’engager dans le débat social. Au cinéaste, à l’historien, au producteur, s’est ajouté le citoyen.

Semblable position n’est pas toujours garante de la qualité des films, les siens ne tiendront pas toujours leurs promesses par la suite. C’est d’ailleurs une crainte qui m’est venue en revoyant « L.627 » : les postures indignées, les séquences démonstrations, les dialogues thésards des instituteurs de « Ca commence aujourd’hui », n’allais-je pas les retrouver dans la bouche des flics de Belleville ?

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Pour tout dire, c’est un peu le cas, chaque personnage a, ici, quelque chose à dire. Toutefois, « L.627 » reste convaincant. Le cinéaste reste modeste et filme des hommes et des femmes dans leur travail, leur quotidien, souvent médiocre, parfois sordide. Pour rester dans la comparaison, l’abattement du personnage de Didier Bezace dans le film sur la police est plus séduisante que la vitupération de Philippe Torreton dans le film sur l’école.

Par ailleurs, le monde des stups est imprégné d’une mythologie polar, en sourdine mais néanmoins réelle. Sur ce plan, Tavernier se montre, d’ailleurs, malin en faisant de son héros un cinéaste amateur (recalé de l’IDHEC) qui arrondit les fins de mois en filmant les mariages et associe de manière retorse cette passion à son quotidien de filatures, replaçant ainsi la position du cinéaste à celle voyeur du monde de la nuit.

Et puis, pour moi, l’histoire d’un homme qui travaille auprès des laissés pour compte de la société en faisant de la vidéo à ses heures perdues…

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(voir aussi Coup de torchon, 1981)

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~ par 50 ans de cinéma sur 26 mars 2015.

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