Rendez-vous à Bray, 1971

André Delvaux

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Le discret cinéaste belge décide de faire parler ses éléments avant son style. Il capte la lumière comme s’il cherchait les couleurs de Turner et laisse la musique guider le montage. Au cours de séquences mystérieuses, il semble même s’effacer au profit de films muets des premiers âges.

Au milieu, un groupe d’acteurs hiératiques et inquiets semble rejouer «L’année dernière à Marienbad» dans l’hôtel de «Shinning». Mathieu Carrière avait rendez-vous mais oubliera progressivement avec qui et pourquoi, au fur et à mesure qu’il se fait envouter par Anna Karina.

Après s’être rapproché charnellement de cette femme sublime puis l’avoir quitté, il se rappellera que son séjour à Bray se déroule en pleine bataille de la Somme.
Le film abandonne héros et spectateurs face aux journaux d’époque, lesquels se voyaient purgés des informations trop démoralisantes pour l’arrière par la censure militaire. Celle-ci créait ainsi le vide au milieu des bavardages, des pages blanches pour cacher le sang.

Le voile de mystère qui laisse imaginer que l’amour était aussi virtuel que la propagande de guerre, n’appartient alors qu’au cinéma subtilement étrange d’André Delvaux.

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~ par 50 ans de cinéma sur 12 février 2015.

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