Match point, 2005

Woody Allen

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Il faudra penser à remercier Darren Star.

Pour avoir créé l’une des meilleures séries des années 90, bien sûr. Mais aussi pour avoir fait comprendre à Woody Allen qu’il n’avait plus le monopole de la comédie sexy et spirituelle à New-York.

En effet, depuis longtemps maintenant, la meilleure comédie allénienne, se nomme « Sex & the city ». 10 ans que le rouquin binoclard se contentait du minimum, vivait sur ses acquis. « Manhattan murder mistery » en faisait l’aveu dès 1993, la maturité venue, il n’était, semble-t-il plus temps que de s’amuser. Les concepts les plus drôles (« Bullet over Broadway », « Hollywood ending ») étaient traités avec un flegme flirtant avec l’indifférence et même la tentative de choc psychanalytique de « Deconstructing Harry » ne convainquait guère. Alors, peut-être, les 4 péronnelles de « Sex & the city » assumèrent-elles ce rôle thérapeutique. Ancien comique télé, Allen se voyait dépassé par elle et se devait donc de réagir.

La réplique est de grande classe. « Match point » rejoint immédiatement les chef d’œuvres de son auteur. Avec une élégance et une acuité qu’on ne lui soupçonnait plus, Woody Allen ausculte un microcosme dont le lisse apparent cache les plus profonds tourments. Sans ostentation, le cinéaste invoque son maître Bergman pour livrer une tragédie grecque qui se savoure comme un film d’horreur.

Il faudra vraiment remercier Darren Star.

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~ par 50 ans de cinéma sur 21 octobre 2014.

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