L’enfer, 1994

Claude Chabrol

lenfer

On n’imaginait pas Chabrol prendre les rennes d’un remake. On avait raison car il ne s’agit pas d’un simple remake. Chabrol reprend un projet demeuré inachevé de Henri-Georges Clouzot. Une poignée de séquences psychédéliques avaient été filmées avec Romy Schneider et Serge Reggiani, dans une ambiance de paranoïa pour ce que l’on en sait.

« L’enfer » naît donc avec un double mort-né, un film fantôme que l’on ne fera jamais que fantasmer. Comme souvent, en bon cinéaste hitchcockien, Chabrol filme une maison comme personnage principal. Mais, elle est, cette fois, dotée une pièce secrète qui nourrira de ses émanations maléfiques l’hystérie inquiète du génial François Cluzet et transformera la beauté solaire d’Emmanuelle Beart en aura vénéneuse. Ces derniers, pantins d’angoisse détruiront minutieusement le bonheur qu’ils s’étaient forgé dans la douleur.

Dans une séquence discrète, un cinéaste amateur projettera leurs fantasmes sur pellicule, hommage à Clouzot, perdu dans ses expérimentations obsessionnelles.
C’est l’un des films les plus horrifiques de son auteur. Se basant sur une oeuvre inachevée, il le restera également, Chabrol arguant goguenard que l’on ne peut pas finir l’Enfer !

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~ par 50 ans de cinéma sur 30 septembre 2014.

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