Eva, 1962

Joseph Losey

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Une rétrospective au festival de La Rochelle a entraîné une déception profonde vis à vis d’un cinéaste adoré : les premiers films de Joseph Losey ne me marqueront pas. Cas rare d’un réalisateur ayant atteint une apogée tardive, le maître anglais a usiné pendant plusieurs années des films de genre très moyens, portés par son engagement gauchiste. Les bourgeois sont cupides, l’argent ne fait pas le bonheur… et les films sont plats.

Le militantisme de Losey lui a valu les foudres de la censure et l’homme fut contraint de déguiser ses messages et de déployer son cinéma vers d’autres sphères. Un affadissement ? Au contraire. De cinéaste du jour (pour faire vite, la lutte des classes), Joseph Losey est devenu un artiste de la nuit, un grand artiste.

La confrontation avec un écrivain populaire (Chase) pour une coproduction internationale (Stanley Baker meets Jeanne Moreau in Venise) pouvait laisser craindre une série B académique, ce sera la mue d’un nouveau Losey.

Symboliquement, Baker, habitué du cinéaste, subira le sadisme d’une femme qui le fascine mais qu’il ne comprendra jamais. Désorienté comme s’il sortait de la party jouée à Marienbad, il ère, sublime et misérable, dans un film fait de signes et de codes qui ne craint jamais d’affronter le rêve et le genre, le mythe et la psychanalyse.

La « cérémonie secrète » et les miroirs de Monsieur Klein sont déjà en place.

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~ par 50 ans de cinéma sur 15 août 2014.

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