Le chant du styrène, 1959

Alain Resnais

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Les turgescences de plastiques en flore délirante nous amènent au premier abord sur la piste Tati. On imagine un prologue à «Playtime» sur un texte de Queneau, lu par Pierre Dux.

Toutefois, les intonations malicieuses de ce dernier penchent régulièrement vers des zones sombres qui nous rappellent que si Resnais n’est pas un phobique de la modernité, il sait toujours filmer les univers nouveaux sans nier leur part ténébreuse. Il conserve la couleur pop inhérente aux matières dérivées du pétrole et le burlesque propre à leurs formes domestiques entreposées comme des abstractions absurdes dans l’usine qui les crée.

Comme le professeur Laborit prenait parfois des allures de savant fou dans «Mon oncle d’Amérique», le styrène se fait créature de science fiction, à la fois Epice de «Dune» et virus mutant produit dans de gigantesques couveuses dont la lisse bienveillance nous abandonne avec un frisson d’angoisse.

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~ par 50 ans de cinéma sur 10 juin 2014.

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