The blade, 1995

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Tsui Hark

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On me rappelait récemment que les images de Robert DeNiro dans la fumerie d’opium de «Il était une fois en Amérique» permettait d’envisager les 4 heures de métrage comme le rêve stupéfié de son personnage.

On sera tenté d’apposer la même grille de lecture à «The blade» qui se conclut sur une vieille femme qui attend inlassablement le retour d’un homme qu’elle aimé. Sauf que cet homme est double, fruit de ses fantasmes entre un chevalier gracieux et un guerrier brutale. Cette femme oublie dans les fumées de sa pipe que le rêve était un cauchemar.

Remake d’un classique de la Shaw brothers, «La rage du tigre» de Chang Cheh, «The blade» reprend la trame du duo chevaleresque dont l’un des membres se voit amputé d’un bras et tirera de ce handicap une force accrue.

Toutefois, comme ses héros découvrant un colifichet en forme de croix provenant d’une religion lointaine, Tsui Hark décide d’emmener le wu xia pian vers des territoires inexplorés.

La référence à Leone en début d’article mettait sur la voie : nous avons à faire à un film de sabre italien.

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Hark parvient à recycler ses envolées gores de «Histoire de cannibales» et la furie punk de «L’enfer des armes» mais c’est bien au western spaghetti et au giallo que son film fait penser. Au premier il emprunte les duels transpirants et au second les mutilations en rouge et mauve.

A côté, la violence des aventures de Wong Fei-Hung fait figure de chorégraphie élégiaque, tant le cinéaste pousse la fureur jusqu à des zones sombres qu’il n’avait jamais lui-même exploré.

Nous devrions faire attention aux armes dans les films de Tsui Hark. Aux sabres courbes des soldats de «Zu shan», à l’épée droite du «Detective Dee», il favorise ici une quincaillerie disloquée et grinçante, composée notamment de pièges à loups lancés à la face de l’adversaire, soit le coeur esthétique de ce monument barbare.

Le point d’orgue de cette armurerie infernale est, bien sûr, constitué de la fameuse lame brisée que manie Chiu Man-Cheuk au bout d’une chaîne. Le symbole fusionne la castration et la virilité dans un magnifique élan fétichiste.

Comme Cuchilo se battant au poignard contre des colts dans les films de Sollima?

Comme Cuchilo!

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~ par 50 ans de cinéma sur 9 mars 2014.

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