Kippour, 2000

Kippur

Amos Gitaï

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Kubrick n’était pas au Vietnam, Fuller a connu Omaha Beach. L’un a vécu la fureur de la bataille dans sa chair, l’autre pas. J’ignore la portée de cette différence. Amos Gitaï a participé aux actions de la guerre qui donne son nom au film et cette introduction me permet de convoquer 2 figures tutélaires pour tenter de le définir.

Dans sa relation fusionnelle avec son chef opérateur, Renato Berta, il parvient à une immersion hallucinante au milieu du sang et de la fumée. On se dit alors que seul un homme qui y était pouvait aboutir à un résultat aussi puissamment physique. Toutefois, « Kippour » est également un film mental, un film de genre décalcifié dont la précision renforce, paradoxalement, le chaos.

Gitaï est un cinéaste majeur car il sait comme peu de ses confrères travailler le temps et l’espace comme des matières modulables. Dans « Kippour », l’ennemi est invisible. Car l’ennemi c’est un champ de ruine infini qui absorbe force et vie, transformant chaque corps en obstacle pour lui-même.

Dans « Kippour », l’ennemi est invisible et la guerre est une défaite inéluctable.

kippour-2000-06-g

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~ par 50 ans de cinéma sur 2 décembre 2013.

Une Réponse to “Kippour, 2000”

  1. Je ne connaissais pas ce film. Merci.

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