Springbreakers, 2013

Harmony Korine

spring-breakers-555x358

Lorsque paru «Moi Charlotte Simmons» de Tom Wolf, je me suis trouvé éloigné des nombreux laudateurs. Comme le disait perfidement Griffin Mill, producteur roué dans «The player» , on ne peut pas passer à côté d’un roman de Tom Wolf…

Pourtant, la vision de la jeunesse américaine par le vénérable écrivain m’a semblé singulièrement datée. Il ne s’agit pas de remettre en cause le portrait acide d’enfants dissolus et sans conscience mais plutôt de pointer que le père du nouveau journalisme ne ressent pas assez cet épicurisme écervelé et commercial.

Harmony Korine a 2 fois l’âge de ses springbreakers mais il conserve suffisamment de trouble pour ne même pas penser à moraliser sa série B MTV.

Lui, le white trash du Tennessee adulé par les intellos, nous rappelle qu’il refuse de faire partie des branchés et peut filmer des adolescentes serrées dans leurs maillots de bain qui brandissent de gros flingues.

Il le fait très bien.

20480064.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

D’ailleurs, c’est lorsqu’apparaît James Franco et un début d’histoire que le film chute un peu. Un acteur pro, une amorce de polar (et donc l’ombre de la sociologie)… voilà qui sied mal à la poésie sale et fluo du réalisateur de «Gummo».

Heureusement, la chute est courte et «Springbreakers» s’envole lorsque Franco entonne «Everytime» de Britney Spears avec ses pétroleuses prépubères. Les plus cyniques versent alors une larme tant il est évident que le cinéaste aime vraiment cette chanson.

Cet hymne pop synthétise génialement l’attrait du stupre (la voix moite de Britney, les filles en maillot…) comme l’inéluctable mélancolie qui l’accompagne (le piano, le couchers de soleil…). Le gangster abandonne ses poses de loup texaveryen pour se révéler en freak pathétique. Il ne pourra donc qu’assister au ballet final (magnifique) et comprendre, comme nous que Scarface est désormais une gamine à coiffe de lapin qui marche sur la tête!

20490077.jpg-r_640_600-b_1_D6D6D6-f_jpg-q_x-xxyxx

Publicités

~ par 50 ans de cinéma sur 2 juillet 2013.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s