Le viager, 1971

Pierre Tchernia

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René Goscinny porte la paternité d’un autre chef d’oeuvre sur grand écran : « Les 12 travaux d’Astérix ». C’est peu et en même temps beaucoup.

Cet immense auteur est apparu discrètement aux génériques des adaptations de ses bandes dessinées, aux côtés de ses comparses Morris et Uderzo. Grand homme, grande modestie.

On le retrouve également au scénario de comédies populaires « Les Gaspards » au cinéma et « 2 romains en Gaule » à la télévision. A chaque fois la mise en scène incombe à son ami, Pierre Tchernia.

En 1973, le créateur de Pilote et Mister Cinéma se retrouvent pour raconter l’histoire d’un petit Monsieur qui ne voulait pas mourir. Lui c’est Michel Serrault.

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Pour l’accompagner dans son étrange destin d’immortel malgré lui, les duettistes convoquent la plupart des gens drôles du cinéma français de l’époque : Michel Galabru, Rosy Vartes, Jean-Pierre Darras, Odette Laure, Claude Brasseur, Jean Carmet, Paul Préboist, Yves Robert… excusez du peu. Au passage, comme si Goscinny devait confirmer son génie de révélateur de talents, un loulou inconnu fait ses premières armes, un certain Gérard Depardieu.

Tchernia lui-même s’amuse d’une panouille en réalisateur de télévision odieux, un rôle de composition évidemment.

L’ami Marcel Gotlib soulignait que l’humour de Goscinny était fondamentalement gentil et se heurtait peut-être au cynisme grandissant des années 80. A voir, car « Le viager » rappelle que l’homme fut l’inventeur de grands teigneux comme Joe Dalton ou le vizir Iznogoud. Ce dernier trouve un alter ego chez le docteur Galipeau, mielleux disciple d’Hippocrate qui spécule sur le pronostic vital de ses patients.

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Son erreur d’appréciation se transformera en un savoureux portrait de la France, de l’après guerre aux 30 glorieuses. Après la guerre des Gaules, Goscinny se lance dans l’ère DeGaulle.

Tout cela est malin, drôle et inépuisable. En effet, si l’on peut regretter la rareté de l’auteur Goscinny au cinéma, force est de reconnaître qu’il a immédiatement compris ce médium en inventant une fable délicieuse et profonde sur le temps qui passe.

Pour moi, ça veut dire beaucoup…

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~ par 50 ans de cinéma sur 3 mai 2013.

Une Réponse to “Le viager, 1971”

  1. Il est d’ailleurs fort dommage que presque tous ne se souviennent de lui que via les bandes dessinées, alors que son œuvre est bien plus complète !

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