Sergent York, 1941

Sergeant York

Howard Hawks

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«Sergent York» est entré à la bibliothèque du congrès en 2008. Cet évènement pourrait s’ajouter aux méfiances que suscite le film de Hawks.

Patriotisme, puritanisme, héroïsme et Amérique irriguent chaque étapes de l’histoire (véridique) d’Alvin York, péquenaud alcoolique et violent qui découvrira Dieu en suivant un parcours calqué sur le livre de Job avant de se révéler en crypto Captain America pour avoir abattu et capturé des régiments entiers de soldats allemands dans les tranchées de Verdun.

Le cinéma américain a su comme aucun autre magnifier ce genre de destin, transformant le tracte propagandiste en divertissement stylé, et la réalité politique en matière cinématographique. Certes, mais tout de même, cette hagiographie d’un héros de 1918, réalisée en 1941, peut-elle s’absoudre de toute arrière pensée?

La force d’Howard Hawks est de ne pas avoir même fait semblant d’essayer.

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J’utilisais précédemment le mot puritanisme. Le réalisateur construit son film en 3 parties comme un triptyque du Moyen-âge. Au temps du pêcheur succède celui du pénitent, lequel partira finalement en croisade. L’homme de «Rio bravo» filme les cowboys comme dans un kammerspiel  et termine ses 2 heures de drame réaliste par un film de guerre qui tire vers la Pieta. Sous des latitudes très différentes, on se dit parfois que Mikhaïl Kalatozov mettra en scène des oeuvres fort proches… Dire que le grand Howard conseillera à ses disciples d’oublier les conneries psychologiques… seul un authentique cinéaste américain peut se prévaloir d’une telle coquetterie dans la pudeur.

En simili Charles de Foucauld, Gary Cooper n’est ni bon ni bien, il est tout simplement inenvisageable qu’un autre ait pu jouer le rôle.

Comme le film, il est parfois rigide dans sa partition, comme James Stewart chez Capra, sa naïveté ne parle plus beaucoup à notre époque. Mais à la fin, on se souvient d’un fan de Gary Cooper, qui regardait ses films en cachettes. Et l’on comprend que les larmes de Tony Soprano regrettent un cinéma totale qui magnifiait la réalité en pure matière cinématographique.

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~ par 50 ans de cinéma sur 24 avril 2013.

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