Trash humpers, 2009

Harmony Korine

TrashHumpers1

Après avoir redéfini la représentation de l’apocalypse dans «Gummo», que restait-il à fimer pour Harmony Korine?

Fils spirituel de Larry Clark (pour lequel il avait écrit l’ultra sulfureux «Kids») et de Werner Herzog (qu’il a invité pour jouer le père castrateur du trop programmatique «Julien donkey boy»), Korine s’était tiré une balle dans le pied en s’auto proclamant nouvelle star du cinéma branché.

Que s’est-il passé en 10 ans? Que s’est-il passé alors que «Gummo» avait achevé le XXe siècle?

Le jeune cinéaste a réalisé un drame dogma oedipien («Julien donkey boy»), puis une histoire de sosies que nous n’avons pas vu («Mister lonely») et enfin un objet dont le contenu semblait se résumer au titre : «Trash humpers». Ces «violeurs d’ordure» avaient tout du canular. Sa distribution confidentielle lui donnait l’aura culte des films invisibles. L’ex prodige essoré tentait sa dernière pirouette avec une bande réservée aux happy fews des festivals… sauf pour ceux qui ont eu la chance de voir «Trash humpers».

Il sera difficile de convertir les réticents car le 4e long métrage de Harmony Korine ressemble bien à ce que l’on attend : du trash (un casting de cas sociaux), du fake (performances avec masques de Halloween), de la provoc (la bande de humpers torture ses voisins, multiplie les obscénités à l’égard du mobilier urbain et défèque régulièrement devant les garages banlieusards), de la branchitude (les exploits scatos des clodos de l’enfer sont intégralement filmés en VHS)… des sketchs qui deviennent drôle à force d’être glauques, et vice versa.

Pour moi, tout cela suffit largement à rallumer le culte Korine, mais le cinéaste va plus loin.

Lors de ses premières interviews, les journalistes étaient friands d’anecdotes qui illustreraient le passé white trash de l’idole. Mais le réalisateur se contentait de raconter qu’étant enfant il passait la journée dans les arbres à cracher sur les passants.

Il semblerait que l’un de ses molards ait atterri pile au croisement du vidéoclip, de la série Z, du documentaire et de l’art contemporain.

En filmant un quatuor de freaks masqués caméra à l’épaule, comme un zoologue suivrait un groupe de chimpanzés , il se donne de nouveau 10 ans d’avance pour la représentation de la posthumanité.

 
Publicités

~ par 50 ans de cinéma sur 25 mars 2013.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s