Le déjeuner sur l’herbe, 1959

Jean Renoir

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De Renoir en général et de ce film en particulier, on a beaucoup loué le panthéisme et la sensualité. Voir, à travers les courbes généreuses de Catherine Rouvel, une légère grivoiserie, forme triviale de l’esthétique hédoniste du cinéaste. Certes, Renoir lui-même s’était entiché du clochard Boudu et nous rappelait que les plus nobles pensées perdent en priorité lorsqu’il s’agit de « purger bébé ». Le débonnaire Jean décrivait avec chaleur les joies de la simplicité dans ses mémoires et interviews. Sa complicité avec le malicieux érotomane Michel Simon n’aura fait qu’accentuer le malentendu.

En effet, il n’est pas interdit d’aimer (aussi) Renoir comme un observateur du désespoir et un cinéaste profondément angoissé.

Ses films, même les plus apparemment truculents, nous auront souvent emmené au bord de l’abîme. Ce « déjeuner sur l’herbe » ressemble, au premier abord, à un scopitone pour Charles Trenet. Bonne bouffe, filles girondes et gentils voyous dans une nature généreuse narguent le sérieux scientifique incarné par le grand Paul Meurisse.

Mais les humains sont ils les bienvenus ? La tempête finale teinte d’inquiétude un tableau jusqu’ici idyllique dont la quiétude même se faisait pernicieuse (il ne se passe, en effet, rien d’autre qu’un déjeuner sur l’herbe). L’inconscient refait surface, les instincts se révèlent.

Gare à ceux qui croyaient maîtriser la règle du jeu…

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~ par 50 ans de cinéma sur 10 mars 2013.

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